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La réforme du 3e cycle

Publié le Mercredi 11 octobre 2017 Temps de lecture : 6 mn
3e cycle des études médicales
Cette réforme du 3e cycle de études médicale est issue d’une concertation à laquelle l’Ordre des médecins a été pleinement associé.
Les arrêtés du 12 et du 21 avril 2017 en  fixent les nouvelles modalités d'organisation et des contenus.
Les principales raisons de la réforme sont :
  • Les besoins de santé et l’évolution de la médecine;
  • La modernisation du système de formation;
  • La simplification du dispositif avec la disparition des DESC II.

Une organisation par filière

Le diplôme d’études spécialisées constitue désormais le diplôme nécessaire suffisant à l’exercice d’une spécialité traduisant la filiarisation des DES. Les 44 spécialités sont à présent organisées par filière. Toutes les maquettes ont été entièrement réécrites, enrichies et réorganisées de façon à répondre aux nouvelles exigences du parcours en trois phases. À noter la création des cinq nouvellesspécialités qualifiantes: allergologie, maladies infectieuses et tropicales, médecine légale et expertises médicales, médecine d’urgence et médecine vasculaire. Par ailleurs, trois spécialités disparaissent : la chirurgie face et cou, la chirurgie générale et la stomatologie.
L’étudiant, quelle que soit sa spécialité, aura la possibilité de suivre une option ou une formation spécialisée transversale (FST). Une option permet l’acquisition des compétences particulières au sein de la spécialité suivie et ouvre droit à un exercice complémentaire de cette sur-spécialité. Une FST est quant à elle une option commune à plusieurs spécialités et ouvre droit à un exercice complémentaire  d’une sur-spécialité.
 

Une formation progressive, adaptée et individualisée

L’institution de trois phases permet d’emmener progressivement l’étudiant à une mise en responsabilité à la fin du DES. Il est à noter également une précocité et une densification de la formation dès la phase 1. C’est donc la délivrance du DES qui garantit l’acquisition descompétences et permet l’exercice de la spécialité. La formation est désormais organisée en trois phases (excepté pour la médecine générale).
La phase 1 dite « socle »vise à inculquer à l’étudiant, en un an, la culture et les bases de la spécialité.
La phase 2, « d’approfondissement », dure 2 ou 3 ans  durant lesquels le futur médecin étudie l’ensemble des champs de la spécialité.
La phase 3, « de consolidation », a pour objectif de perfectionner les connaissances et compétences acquises par l’étudiant lors desphases précédentes. Ce parcours vise à favoriser l’autonomisation de l’étudiant afin de  le préparer progressivement à la réalité de son futur exercice.
Les connaissances et compétences de l’étudiant sont évaluées de manière individuelle à l’issue de chacune des trois phases du parcours. Ces évaluations formelles s’appuient sur le contrat de formation et le portfolio de l’étudiant. Elles n’excluent pas d’autres évaluations au cours de chaque phase. La réforme prévoit ainsi un contrat de formation qui détermine les connaissances et compétences que l’étudiant doit acquérir. Ce contrat est évolutif et individualisé dans la mesure où il intègre les souhaits d’option ou de formation spécialisée transversale (FST). Ce contrat bénéficiera d’une actualisation régulière. Parailleurs, un portfolio regroupera le parcours de formation de l’étudiant ainsi que des éléments d’évaluation (notamment des stages).

Une collégialité renforcée

Dans chaque subdivision (qui correspond à la zone d’influence d’un CHU) est instituée une commission locale de coordination de spécialité. Présidée par le coordonnateur localde la spécialité, elle est constituée de deux autres personnels enseignants titulaires dont un d’une autre spécialité, d’un représentant de l’Ordre dans la spécialité (uni- quement pour le suivi des étudiants en phase 3) et de deux représentants des étudiants dont au moins un inscrit dans la spécialité. Cette commission est chargée du suivi pédagogique de l’étudiant : contrat de formation, évaluation, vali- dation des phases, droit au remord. Elle peut aussi imposer une réorientation de l’étudiant vers un autre DES si elle estime qu’il n’est pas en mesure d’exercer la spécialité choisie.

Une déclinaison territoriale

Trois autres commissions sont également créées à l’échelle des subdivisions, au sein desquelles siège un représentant du Crom avec voix consultative :
  • Les commissions d’évaluation des besoins de formation s’assurent que le nombre de lieux de stage, de praticiens agréés maîtres de stage des universités (MSU) ainsi que la nature des lieux de stage sont en adéquation avec le nombre d’étudiants inscrits et au regard des maquettes de formation. Elles donnent également un avis au directeur général de l’ARS sur le nombre minimum de postes à ouvrir, chaque semestre, pour chacune des phases par spécialité pour les étudiants.
  • Les commissions d’agrément donnent un avis au directeur général de l’ARS sur l’agrément des lieux de stage
    et des praticiens agréés MSU.
  • Les commissions de répartition proposent au directeur général de l’ARS, la répartition des postes offerts au choix semestriel des étudiants de chaque spécialité et par phase, au sein des lieux de stage agréés et auprès des praticiens agréés MSU, en tenant compte de l’avis de la commission d’évaluation.

Une meilleure professionnalisation

La réforme ouvre aussi la possibilité de diversifier l’offre de stage de façon à permettre à l’étudiant d’approcher tous les modes d’exercice et types de structure. Il s’agit notamment de développer des terrains de stage en dehors de l’hôpital pour les spécialités autres que la médecine générale. Une demande qu’avait formulée l’Ordre dans son livre blanc  "Pour l’avenir de la Santé" en 2015.

Une implication plus forte de l’Ordre

Outre le fait que l’Ordre représente la profession dans les différentes commissions,l’institution est également impliquée de façon plus forte dans le parcours des étudiants grâce à un nouveau dispositif : l’inscription conditionnelle sur une liste spéciale. L’étudiant devra ainsi s’inscrire à l’Ordre dès l’obtention de sa thèse sous condition de poursuivre son cursus à l’université.

L’étudiant ne sera alors plus interne mais « docteur junior » avec un statut propre, à mi-chemin entre l’interne et le médecin en exercice.
Le « docteur junior » pourra obtenir son inscription pleine et entière après validation de son DES. L’Ordre est ainsi
très impliqué dans le suivi de l’étudiant tout au long de son parcours : enregistrement en tant qu’interne, inscription sur liste spéciale en qualité de « docteur junior » puis inscription définitive.