Au service des médecins dans l’intérêt des patients

Newsletter de mars 2019

Publié le Lundi 25 mars 2019 Temps de lecture : 7 mn
Newsletter mars 2019
Au sommaire : la permanence des soins ; le compte rendu du débat "Ma santé 2022 : des paroles aux actes"; le RGPD en vidéo

À la une

Permanence des soins ambulatoires : une situation toujours préoccupante

Les résultats de la 16e enquête annuelle sur la permanence des soins ambulatoires sont sans surprise. Les secteurs de garde sont de plus en plus fragilisés, et la participation des médecins précaire. La situation est particulièrement préoccupante en nuit profonde : 77 % des territoires de PDSA en soirée se retrouvent sans médecin effecteur libéral après minuit.
Une situation qui s’explique en partie par la désertification médicale et la surcharge de travail qui en résulte, celle-ci ne permettant pas aux médecins d’enchaîner journées intenses et nuits de garde tout en conservant une vie de famille. Par ailleurs, la réduction du nombre de territoires, rend plus difficiles les gardes. Certains départements se retrouvent à avoir peu d’effecteurs mobiles pour couvrir de grands secteurs. Résultat : il faut parfois une à deux heures de route au médecin de garde pour visiter un patient.
En réponse à cette situation, mais aussi aux problèmes croissants d’insécurité rencontrés par les médecins mobiles, 37 % des territoires se sont dotés de sites dédiés (maisons médicales de garde, etc.). Mais ces lieux ne répondent pas à tous les besoins : dans la majeure partie des départements où ils sont implantés, les personnes non véhiculées ou non mobilisables ne peuvent pas s’y rendre, faute de système d’acheminement spécifique.
Pour tenter de faire émerger d’autres solutions, le Cnom a lancé une enquête à laquelle 5000 médecins généralistes ont répondu. L’objectif : déterminer les leviers de motivation et les freins à la participation au dispositif de permanence des soins. Les premiers résultats montrent que si le sens du devoir et de la solidarité entre médecins sont les principaux motifs de participation, la charge de travail et l'incompatibilité avec la vie familiale émergent comme des freins importants.
Cette étude relatant l’opinion du « terrain » va permettre d’appuyer la position du Conseil national de l’Ordre des médecins dans les discussions à venir avec les différentes parties prenantes : conseils départementaux, ARS, gouvernement, parlementaires, élus locaux, syndicats de médecins, fédérations hospitalières, etc.
 

Le chiffre du mois

39 % des médecins ont participé à la permanence des soins ambulatoire en 2018, et 1/3 des départements ont vu le nombre de leurs médecins volontaires baisser entre 2017 et 2018.
Source : Cnom, 2019
 

Les actus

  • Suspendre la pratique d’IVG pour soutenir une revendication : une menace intolérable
Le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) a fermement condamné, au nom de la déontologie, les déclarations du Syndicat national des Gynécologues et Obstétriciens de France, se disant prêt à « donner l’ordre » à ses adhérents « d’arrêter la pratique de l’IVG » si la ministre des Solidarités et de la Santé refusait de les recevoir. Aucun conflit avec les autorités ne saurait justifier l’expression d’une telle menace mettant en cause les droits des femmes et portant atteinte à l’indépendance des professionnels. Face au tollé provoqué, le syndicat a renoncé à cette initiative.
 
  • Droits des femmes : le Cnom mobilisé
À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, l’Ordre a tenu à rappeler sa mobilisation pleine et entière pour mettre fin aux discriminations sexistes dans la prise en charge des patientes et son engagement contre le harcèlement et les abus sexuels dans le milieu médical.
À plusieurs reprises ces dernières années, le Conseil national de l’Ordre a rappelé avec la plus grande clarté qu’aucune forme d’inconduite à caractère sexuel dans le cadre de l’exercice médical ne saurait être tolérée. Ces comportements doivent être combattus sans relâche. Par ailleurs, tous les échelons qui composent l’Ordre des médecins doivent encore améliorer l’accueil des personnes se présentant comme victimes de tels actes, l’écoute qui leur est due, et l’action devant les chambres disciplinaires. Les femmes doivent pouvoir bénéficier de la meilleure prise en charge médicale, tout au long de leur vie, à travers une relation médicale reposant sur la confiance, le respect et l'empathie.
 
  • Échographie fœtale à visée non médicale
Le Conseil national de l’Ordre des sages-femmes et le Conseil national de l’Ordre des médecins ont adressé à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, un courrier l’informant du développement de la pratique d’échographies fœtales à des fins non médicales. En plus des risques potentiels modérés encourus, ces pratiques commerciales sont illégales, contraires à la règlementation qui interdit la vente et l’usage d’échographe aux non-professionnels médicaux (Conseil d’État 12 juillet 2018). Il est donc du devoir des médecins d’en informer les parturientes dont ils ont la charge.
 

À découvrir

  • Débat « Ma santé 2022 : des paroles aux actes »
Le débat organisé le 12 février par le Cnom, dans le contexte de la publication du projet de loi santé, a fait l’objet d’une synthèse qui a été portée comme contribution au Grand débat national. Ce document  ainsi que le verbatim complet des échanges sont consultables sur le site de l’Ordre.
 


En images

  • RGPD :
Alors que la Cnil, a de nouveau alerté les professionnels sur les risques d’arnaque liés à la mise en conformité avec le RGPD, le Dr Jacques Lucas, vice-président du Cnom, délégué général au numérique fait le point sur l’essentiel à savoir sur cette réforme…
 

En veille

  • Examens et vaccinations obligatoires de l'enfant
Le décret n° 2019-137 du 26 février 2019 relatif aux examens médicaux obligatoires de l'enfant et au contrôle de la vaccination obligatoire s’inscrit dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 qui a redéployé les vingt examens médicaux obligatoires des enfants jusqu'à l'âge de 18 ans. Il liste les professionnels de santé autorisés à réaliser ces examens et en fixe le contenu. Il précise également que les résultats de ces examens sont mentionnés dans le dossier médical partagé de l'enfant lorsque ce dernier est créé. Il fixe également la périodicité de la justification de la réalisation des vaccinations obligatoires pour le maintien dans une collectivité d'enfant lorsque le mineur est admis dans l'une de ces collectivités pour une durée supérieure à un an.
 
  • Dépistage du cancer du col de l’utérus : mobilisez-vous !
La généralisation du programme national de dépistage du cancer du col de l’utérus à l’ensemble du territoire, mise en place en 2018, a pour objectif de réduire de 30%, à 10 ans, l’incidence et le nombre de décès par cancer du col de l’utérus, en luttant contre les inégalités d’accès et de recours au dépistage. Il s’adresse aux 17 millions de femmes âgées de 25 à 65 ans parmi lesquelles 40%, dites  « non participantes », n’effectuent pas, ou pas régulièrement, ce dépistage. Le rôle du médecin généraliste est essentiel pour favoriser la réalisation de ce dépistage, conformément aux recommandations nationales. L’Institut national du Cancer (Inca) met à la disposition des médecins des outils d’information à commander ou à télécharger sur son site.
 
  • Don de moelle osseuse
À l’occasion de la 14e semaine nationale de mobilisation pour le don de moelle osseuse. Ces dons peuvent sauver la vie de patients atteints de maladies grave du sang. La compatibilité nécessaire pour une greffe de moelle osseuse fait appel à un système complexe (système HLA). Ainsi, la probabilité de trouver deux individus compatibles en dehors de la fratrie est d’1 chance sur 1 million. C’est pourquoi chaque nouvelle inscription compte et apporte une chance supplémentaire de guérison pour les malades. Des brochures et affiches pour vos salles d’attentes sont téléchargeables sur le site dédié. 
  • Don-saignée : ce qui change au 1er mars 2019
Une concertation engagée par la FFAMH depuis plusieurs mois avec les instances de Santé en vue de faciliter l’accès au don-saignée pour les patients hémochromatosiques, a débouché, le 18 décembre 2018, sur la pérennisation et le déploiement sur le tout territoire du don-saignée. Une décision prise suite au succès de l’expérimentation réalisée dans 3 sites EFS d’Île-de-France non homologués pour les activités de soins. Ainsi, à compter du 1er mars 2019, lee don-saignée peut être réalisé dans les sites fixes de collecte de sang de l’EFS et du CTSA, sur présentation d’une prescription médicale en cours de validité et dans le respect des critères de sélection des donneurs.