Sommaire :
I – Etat des lieux
II – Une politique de santé pour l’enfant plus forte avec une nouvelle législation et une politique de prévention renforcée
III – Inflation des besoins de santé
IV – Les acteurs de santé et le cloisonnement décisionnel
V – Les dossiers médicaux
VI – La démographie médicale
VII – Conclusions et propositions
LES CONCLUSIONS
A l'heure de l'élaboration d'une nouvelle stratégie quinquennale de politique de santé pour la période 2011-2015, il est utile de positionner la prise en charge de la santé de l'enfant et de l'adolescent comme préalable incontournable à toute politique de santé de l'adulte.
1 - La bonne santé de l'enfant, préalable au capital santé de l'adulte
Si la prévention pour préserver le capital santé d'un futur adulte commence dès la conception(qualité indispensable et effective de la prise en charge de la périnatalogie),il apparaît plus que nécessaire de surveiller la santé de nos adolescents qui peuvent détruire ce capital très rapidement à un moment où l'on a tendance à baisser la garde de la prise en charge.
L'inflation des déterminants de la santé des enfants et en particulier des adolescents dans un contexte économique difficile sont des facteurs pénalisants pour toute prévention chez l'adulte. Cela ne peut que nous inciter à insister sur deux points :
la politique de santé de l'enfant ,en général, est un enjeu majeur de santé publique pour ne pas hypothéquer l'avenir.
la politique de santé de l'adolescent ,en particulier ,doit envisager une action indispensable en amont d'une politique de santé publique de l'adulte :
2 - Les constats
positifs :
- une politique de santé pour la périnatalité déjà ancienne
- la prise en compte du capital santé et la mise en place de la loi HPST avec la création des ARS doivent permettre une prise en charge globale et adaptée de la santé des enfants et des adolescents.
négatifs :
Il peut être opportun de pallier à certains déséquilibres :
Entre la prise en charge justifiée de la petite enfance et l'absence d'obligation de soins des adolescents:
- pas de visite médicale obligatoire après l'âge de six ans
- peu de suivi scolaire
- peu de consultation chez le médecin référent
Entre les actions de santé des différentes régions du fait des ARS:
• nécessaire uniformisation des actions selon une directive nationale même s' il existe des disparités régionales.
Entre les différents bassins de vie sur le plan démographique.
LES PROPOSITIONS
Le contexte économique actuel ne permet pas des solutions pourvoyeuses de dépenses, il est donc indispensable de savoir appliquer les réglementations existantes et de faire « fructifier » ou valoriser chaque occasion de consultation.
1 - Prévention
Rôle fondamental du médecin : chaque consultation pour l'enfant ou l'adolescent: une chance pour la prévention
L'enfant et surtout le jeune adolescent paraît le grand oublié du système de santé en ce qui concerne la consultation médicale.
Même dans un contexte démographique défavorable, le médecin doit rester au centre des préoccupations de santé de l'enfant.
- Les adolescents ont rarement l'occasion de consulter un médecin en dehors de la contraception, des infections saisonnières ou des problèmes dermatologiques (acné). La prise en charge préventive médicale devrait rester prioritaire pour toutes ces consultations (information et dépistage).
- Le plan national nutrition santé 2 et le plan santé des jeunes 2008-2010 préconisent de développer les activités physiques et sportives.
Peut-être serait-il plus qu'utile de rendre le certificat médical d'aptitude au sport obligatoire et de convertir la consultation effectuée à l'occasion de sa rédaction en une véritable consultation de prévention pour l'enfant ou l'adolescent.
Revaloriser le statut du médecin scolaire est une urgence de santé publique pour l'enfant et surtout l'adolescent.
La hausse des IVG chez les mineurs, des suicides chez les plus jeunes, des risques addictifs dés la sixième sont les indicateurs d'alertes et l'école doit mettre en place une chaîne de vigilance autour de ces enfants.
Le manque d'infirmières et de médecins scolaires ne permet pas un repérage suffisant des troubles de l'enfant liés à un défaut de développement affectif et à un manque d''adaptation à l'environnement social (action nécessaire à la possible limitation des violences à l'école)ce qui est fort dommageable pour ces futurs adultes.
Certains préconisent l'extension de la PMI jusqu'à l'âge de 12 ans ou la prise en charge à 100 % pour les familles les plus modestes ou des transferts des compétences.
Une visite obligatoire remboursée à 100% entre 12 et 14 ans comme cela est préconisé pour le dépistage des pathologies bucco dentaire pourrait aider à la préservation du capital santé de cette population.
La consultation pour les jeunes de 16 à 25 ans avec la remise conjointe de la carte vitale et d'un « passeport pour la santé « paraît trop tardives compte tenu du rajeunissement des populations à risques (addiction, suicide et IVG)
2 - Coordination : Quels outils de coordination ?
Pour faciliter la mise en place de la coordination des soins, nous pouvons proposer la création du DMP (dossier médical personnel) dès la naissance ce qui permettrait de coordonner les soins entre les différents acteurs, médecins généralistes, pédiatres, médecins de PMI et scolaires, hospitaliers et libéraux, professionnels médico-sociaux.
Le séjour en maternité est un moment privilégié pour informer et sensibiliser les parents à l'intérêt du DMP et surtout un temps suffisant et nécessaire à sa création.
Le DMP à la naissance permettrait de préserver un rôle prépondérant aux médecins, véritables chefs d'orchestre dans ce dédale de lois, plans et structures dédiés à l'enfant.
La section propose que dans la région pilote où sera mis en place le DMP sur clé USB, celui-ci intègre dans ses essais les enfants dés la naissance.
3 - Information
- Appliquer les réglementations utiles à la prévention comme l'information sexuelle à l'école, les collèges et les lycées (loi 2001-588 du 4/07/2001)
- Débuter l'éducation à la santé dés le plus jeune âge (primaire) pour les risques sanitaires des addictions.
- L'éducation en milieu scolaire est le préalable à toute éducation thérapeutique chez l'adulte
Les inégalités de santé persistent malgré les nouvelles dispositions législatives (loi HPST et loi de santé publique) et s'aggravent avec la précarité.
Prévention, coordination et information peuvent participer à réduire ces inégalités socio-économiques pour une meilleure santé de l'enfant et de l'adolescent ,et donc de l'adulte au sein d'une politique de santé qui maintient un rôle incontournable pour les médecins.
