Les enjeux de l'accès aux soins

Présentation des débat par Michel Legmann, Président du CNOM

Je vous remercie d'avoir répondu à notre invitation. Nous inaugurons aujourd'hui un nouveau format d'échanges autour de ces grands enjeux de santé, après avoir organisé pendant des années les Jeudis de l'Ordre. Nous souhaitons construire des débats plus brefs, plus interactifs et plus ouverts sur l'extérieur. Nous souhaitons également apporter notre éclairage sur tous ces grands enjeux de santé, dans le cadre d'échanges avec des personnes dont la compétence est reconnue ou qui sont en charge de responsabilités particulières dans les domaines qui nous intéressent.
L'accès aux soins est une préoccupation très importante de la population, des élus, de l'Etat et de l'Ordre des médecins. Nous réclamons d'ailleurs la reconnaissance de notre investissement, de notre connaissance du terrain et de nos travaux et, pour cela, notre place au sein des Agences régionales de santé.
Comme vous le savez, l'Ordre a présenté la semaine précédente son enquête démographique : 10 000 remplaçants doivent être pris en compte dans une période de pénurie démographique médicale. Nous nous sommes également penchés sur les questions d'installation car il résulte que les médecins ne s'installent pas beaucoup. Pourquoi la majorité des diplômés ne s'installe-t-elle pas mais se tourne actuellement vers des exercices salariés, le plus souvent hors de la médecine clinique, de la médecine de soins ? Est-ce que les mesures dites incitatives ont donné des résultats ? La réponse est négative : les installations qui répondent à cette incitation de 20 % de majoration d'honoraires, à condition qu'il y ait deux médecins, se comptent sur les doigts de la main.
Nous sommes en liaison avec tous ces jeunes médecins, par nos relations avec les organisations d'étudiants, d'internes ou de chefs de clinique mais également par le biais d'une commission « jeunes médecins » au sein de l'Ordre. Les conseils départementaux de l'Ordre sont la seule instance à connaître sérieusement le terrain dans les différents départements. Nous sommes les seuls à connaître tous les médecins, quel que soit leur mode d'exercice, à savoir si les médecins travaillent à temps plein ou pas... Il existe une féminisation importante de la profession mais aussi une féminisation de l'exercice masculin : les jeunes pères participent désormais à l'éducation des enfants.
Pour l'expertise que nous sommes capables d'apporter dans la connaissance du terrain, nous réclamons notre place à tous les niveaux de l'organisation, en particulier dans les organisations nouvelles telles que les ARS.
Dans le domaine de la permanence des soins, nos Conseils départementaux sont les promoteurs de l'organisation de la permanence des soins. Nous l'avons vu dans le cadre de la mission d'appui qui a suivi la mise en oeuvre de l'avenant 27 : leur rôle a été primordial. Nous avons ainsi pu remédier à certains excès sur la sectorisation. Les Ordres jouent leur rôle en coopération avec les représentants de l'Etat et les caisses d'assurance maladie. Les préfets sont souvent accompagnés du président du Conseil départemental de l'Ordre concerné. Si des solutions ont pu être trouvées, c'est toujours grâce au Conseil départemental de l'Ordre des Médecins.
Si nous réclamons notre place c'est que nous entendons la tenir au nom des médecins et dans l'intérêt de la population. Nous avons des propositions à soutenir et avons déjà entrepris un certain nombre d'actions, notamment dans le domaine de l'accès aux soins. Nous avons déjà procédé à des modifications, notamment de l'article 85 du Code de déontologie en autorisant larga manu des sites multiples. Nous sommes en train de revoir l'article 65 du Code déontologie sur les conditions de remplacement. Je souhaite donner un statut au médecin remplaçant avec ses propres feuilles maladie qui seront à son adresse personnelle. Tout ceci pourra aussi entrer dans le cadre de l'organisation des maisons pluridisciplinaire
 

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