La Section Santé Publique du Conseil National de l’Ordre des Médecins, publie les résultats d’une enquête sur les femmes médecins et les étudiantes en médecine. Enquête menée en deux temps, d’une part de terrain auprès de 868 étudiants PCEM2 et 3ème cycle et auprès de 6000 praticiens ayant dix à quinze ans de métier et d’autre part complétée par une analyse sociologique réalisée par une équipe de l’Université de Lyon sur les femmes médecins de 35-40 ans et 40-45 ans .
On note plusieurs tendances :
Les femmes ont investi la profession, la médecine n’a commencé à se féminiser que depuis une quarantaine d’années : de 10% en 1962, la féminisation de la médecine est passée à 36% en 2003 ; à l’heure actuelle, dans certaines facultés, le taux d’étudiantes est de 64 % (49 % des hommes comme des femmes sont généralistes.)
Les professions dites libérales sont celles qui connaissent une féminisation la plus importante car ce sont celles qui, en principe, se prêtent le mieux à cet aménagement du temps de travail.
La féminisation de la médecine a favorisé une prise de conscience de la part des confrères masculins : ceux-ci ne travailleront plus dans les mêmes conditions que les générations antérieures et rejettent en bloc l’idée d’une disponibilité permanente, d’astreintes et ne souhaitent pas que leur conjointe les assiste en tant que secrétaire. L'équivalence entre disponibilité temporelle et qualité du travail ne va plus de soi chez les jeunes générations de médecins.
L’écart de temps de travail entre homme et femme est à l’avantage des hommes qui travaillent encore six heures de plus par semaine que les femmes.
Les femmes envisagent l’exercice en groupe à 90% alors que 22% des hommes veulent travailler seuls.
Les postes à responsabilité restent difficiles à atteindre. Il semble que la féminisation de la médecine se fasse encore sur un mode inégalitaire : les femmes sont concentrées dans certaines spécialités et n’accèdent encore que rarement à des postes dits de pouvoir. On peut également se demander si les femmes postulent peu aux postes dits de pouvoir parce que les concours coïncident avec la période de leur vie la plus propice à la maternité. 24% des hommes sont anciens chefs de cliniques, alors que seulement 16% des femmes le sont.
Le CNOM tenant compte des incidences de la féminisation et de ses conséquences sur l’activité médicale souhaiterait :
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Une poursuite de l’augmentation du numerus clausus. Celui-ci vient d’être augmenté, mais c’est la situation en 2015 qui préoccupe (la formation d’un médecin prend douze ans en moyenne).
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Un développement du temps partiel ainsi que la création de « maisons de santé » . Une mise en place de nouvelles approches telle que ’exercice en multi-sites ainsi que le statut contractuel du collaborateur libéral qui ont déjà permis des avancées importantes.
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Une évolution des choix des spécialités, évolution que la féminisation ne fait qu’accentuer, et à laquelle vient se combiner la problématique de la libre installation dans l’espace européen.
Voir l'enquête sur la féminisation
Presse : Evelyne Acchiardi - Tél. : 01 53 89 32 80
