Le débat, animé par le Docteur Alain DUCARDONNET, cardiologue, consultant médias spécialisé dans la santé, réunissait les personnalités suivantes :

- Docteur Michel LEGMANN, président du Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM)
- Docteur Jean-Yves GRALL, cardiologue, directeur général de la santé
- Docteur Irène KAHN BENSAUDE, pédiatre, vice-présidente du CNOM
- Professeur Dominique MARANINCHI, directeur général de l’AFSSAPS, ancien Président de l’INCA
- Professeur Christian HERVE, directeur du laboratoire d’Ethique médicale de l’Université René Descartes-Paris V
- Nicolas BRUN, président honoraire de l’Union nationale des associations familiales, président d’honneur du Collectif interassociatif sur la Santé
- Docteur André DESEUR, délégué à la communication, président de la section Exercice professionnel du CNOM
Introduction du Docteur Michel LEGMANN,
Bonjour à tous. Je vous souhaite la bienvenue au siège du Conseil National de l’Ordre des Médecins et vous remercie de votre présence.
En cette année 2011 consacrée aux patients et à leurs droits, et à l’issue de son séminaire annuel, le CNOM a souhaité concentrer sa réflexion autour de la formalisation du « dispositif d’annonce », c’est-à-dire l’ensemble des étapes liées à la prise en charge et à l’accompagnement du patient atteint d’une pathologie lourde.
Au CNOM, nous avons la charge de veiller à l’éthique des médecins mais aussi à leur compétence, celle-ci couvrant aussi bien leur niveau scientifique que leur devoir d’humanité à l’égard des patients.
Comme beaucoup d’entre vous, j’ai été confronté professionnellement à l’annonce d’une maladie lourde faite à un patient, un proche ou même un confrère. A ce sujet, malheureusement, leurs témoignages ne sont pas toujours agréables : certaines annonces sont trop brutales, effectuées parfois par téléphone, entre deux portes, dans un couloir, voire dans un ascenseur.
Face à cela, il nous semble indispensable de ré-humaniser le rôle du médecin dans sa relation avec son patient, car il faut bien admettre que cette disposition n’est pas innée chez tout le monde. L’empathie n’est pas la qualité la mieux partagée dans l’univers médical.
Or la dignité qui s’attache à l’être humain demeure pour nous inaliénable. Rien ne saurait y porter atteinte. Nul ne saurait y déroger. Aussi, le dispositif d’annonce doit-il comprendre trois phases distinctes : une phase de préparation, une autre de prise en charge et enfin, une dernière de suivi durable. Rendre plus supportable la souffrance physique et/ou morale du patient contribue en effet à améliorer la qualité de son accompagnement par le corps médical et ses proches.
Docteur Alain DUCARDONNET,
Au fond, nous sommes réunis aujourd’hui pour « parler de quelqu’un qui n’a pas envie de dire à quelqu’un qui ne veut pas entendre ». La formule est certes lapidaire mais elle a le mérite de poser clairement les termes du débat...
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