M. LUCAS (Vice président du CNOM)
Nous avons souhaité faire un point presse, suite à une volonté de réalisation.
Nous partons de constats simples. Dans l'informatisation de la santé, nous pensons qu'il faut agir avec réalisme, ne pas faire de superbes constructions de l'esprit dans un monde idéal, mais coller strictement aux réalités, ne serait-ce d'ailleurs que pour faire évoluer ces réalités.
Un système d'information en santé doit, en premier lieu, répondre de façon optimale, à la coordination des soins. La coordination des soins n'a pas de connotation relative à l'assurance-maladie ou à la convention médicale. Un patient a besoin de la coordination de ses soins parce qu'il consulte un médecin généraliste, un médecin spécialiste, des infirmières. Il a aussi surtout besoin d'une coordination des soins entre l'hôpital et la ville ou la ville et l'hôpital. C'est souvent du passage de l'hôpital vers la ville que les difficultés se rencontrent, compte tenu des délais d'attente des comptes rendus d'hospitalisation.
A partir de ce constat qui s'adresse autant aux médecins hospitaliers qu'aux médecins de ville, nous vous présentons un projet de plateforme nationale d'échanges sécurisés, de construction progressive, conforme aux réalités. Nous avons beaucoup travaillé sur ce projet.
Pour qu'elle puisse se développer, toute solution informatique doit être adoptée par les médecins, quel que soit leur lieu d'exercice, et elle doit être en phase avec les réalités et les usages. L'échec de la conception du DMP tient au fait que c'était une construction certainement très intéressante, mais extrêmement complexe. Personne ne s'était approprié véritablement un outil de cette nature.
En premier lieu, il faut favoriser, de façon simple, les échanges informatiques des données de santé des patients, avec leur accord bien entendu, pour améliorer l'efficience et la prise en charge.
Dans la phase initiale, cette plateforme comportera trois modules :
- des échanges électroniques sécurisés de correspondance entre professionnels de santé, c'est-à-dire la dématérialisation des échanges papiers ;
- la prescription sécurisée des médicaments, un élément nouveau ;
- la prescription et la réception des examens biologiques.
Il sera également associé un dispositif d'alertes sanitaires si la DGS souhaite utiliser cette plateforme comme moyen de contact pour beaucoup plus de médecins qu'elle ne le fait actuellement. Comme vous le savez, il faut être inscrit sur la liste de la DGS pour recevoir les alertes sanitaires.
En deuxième lieu, cette plateforme permettra une interopérabilité avec les constructions expérimentales régionales. Dans le cadre du DMP, des appels à projet ont été faits vers différentes régions. Des plateformes régionales ont déjà été constituées. Elles sont peu fréquentées, à part certaines. Dans la plupart des cas, elles ne communiquent pas entre elles...
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